jeudi 8 juin 2017

Grèce (de Sivota à Stathi)


Jour 35     03/06/17    80km de Sivota à Preveza
                                    D+ 1200m

On part tôt de notre crique par une route qui alterne montées et descentes. Il fait bon et les nuages qui voilent le ciel nous permettent d’avancer au frais. Avancer, c’est un grand mot : Lauriane se traine aujourd’hui. Heureusement, que Nico qui s’agace d’attendre et fait sherpa avec les bouteilles d’eau n’est pas trop loin devant quand le pneu arrière de Lauriane crève. Après la réparation, on continue un peu et on va manger à l’ombre au bord de la plage. Une petite sieste s’impose : il fait 30°C à l’ombre et 40 au soleil.

On se douche quand on peut

Plein de petites chapelles au bord des routes. Pour signaler les accidents

Le joli port de Parga
Avant de repartir, Nico règle un peu le dérailleur de Lauriane et se rend compte qu’elle a un patin qui frotte sur la roue. Une fois le problème résolu, on retrouve Lauriane de Croatie qui roule à fond. Ca fait du bien !
On se pose dans une forêt d’Eucalyptus entre la route et la plage. Demain on va essayer de passer le tunnel de Preveza qui est interdit aux vélos.

Bivouac sous les eucalyptus. On est bien


Jour 36     04/06/17    112km de Preveza à perdus dans la pampa avant Lesini
                                    D+ 850m

Ce matin on commence avec la réparation du pneu de Lauriane, une nouvelle fois à plat. Après analyse, on voit que le fond de jante bouge et qu’il crée des micro trous dans la chambre à air. Ce qui explique que le pneu se dégonfle en permanence. De plus, la jante à défoncé les flancs du pneu qu’on est obligés de remplacer. On repart en faisant des arrêts réguliers dans les stations essences pour remettre de la pression. On compte se rendre à Patras dans un vrai magasin de vélo pour remplacer la roue, la cassette, et se débarrasser de cette roue de m**de.

Nico est dèg! Le pneu était presque neuf...

Mais bon, il y a pire endroit pour bricoler
Arrivés au niveau du tunnel, on n’a pas le choix, il faut traverser. On se dit que tant pis, on va mettre nos lumières et pédaler à fond pour passer les 1,6km du tunnel. Le feu passe au rouge et dure longtemps. On attend et on voit un gars dans un fourgon de sécurité des autoroutes nous faire signe de l’attendre. Il vient donc nous chercher, charge les vélos et nous fait passer le tunnel en sécurité. Il nous explique qu’il nous a vus aux caméras de vidéo-surveillance et qu’il a déclenché le feu le temps de venir nous récupérer. Trop cool !
Trop facile!! On traverse le tunnel sans effort :-)

Une fois de l’autre côté, on continue et emprunte une route côtière très belle. En fin de journée, sur le côté d’une grosse route, Nico entend couler de l’eau. Trop cool, on va pouvoir se laver avant de partir en quête de notre point de bivouac.
On galère un peu, mais on tombe sur une entrée de chemin avec tables de pic-nic, fontaine etc… On est bien tranquilles, notre seule visite est celle d’une vache assoiffée qui vient s’abreuver dans la fontaine.
Notre première cigogne du voyage

Les paysages sont très beaux

Malgré sa roue pourrie, Lauriane garde le sourire

Nico et sa nouvelle amie

Jour 37     05/06/17    79km du bivouac à Patras
                                    D+ 360m

On part du bivouac après avoir regonflé la roue de Lauriane. C’est notre nouveau rituel.
Objectif : trouver un magasin de vélo à Patras pour changer la roue qui chaque jour est de pire en pire.
Notre premier obstacle, c’est le grand pont qui traverse la mer… interdit aux vélos. De toute façon pour le prendre, il faudrait emprunter l’autoroute, on choisit donc l’option bateau. Et là on a trop de la chance : on arrive pile poil pour un embarquement direction Patras. Et en plus, pour nous c’est gratuit !

Sur le ferry, devant l'impressionnant pont de Patras
 Par contre une fois dans la ville, tous les magasins de vélos sont fermés… On a oublié qu’on était le lundi de pentecôte. On va donc attendre en bord de mer, on dormira ici ce soir mais pour le moment c’est blindé de monde.
On finit par planter la tente dans un parc, malgré le monde.

Cathédrale dans la ville

Le beau coucher de soleil en attendant de pouvoir dormir


Jour 38     06/06/17    91km de Patras à Sarrandapichiotika
                                    D+ 400m

Le matin, on se rend au magasin de vélo (à 7h) et on attend le propriétaire. Après lui avoir expliqué l’histoire de la roue et de la cassette (un peu compliqué car il ne parle pas anglais), il nous change tout ça par du matériel Shimano. La roue et la cassette albanaise l’amusent bien tellement c’est lourd et pourri, ça finira direct à la poubelle.

Enfin sauvés dans un "vrai" magasin de vélo
Lauriane repart avec une roue nickel et ça fait du bien aux jambes, au dos et au moral !
La route aujourd’hui est très belle, on longe la côte et les rochers sont superbement sculptés. Seul couac : les travaux de partout nous obligent par deux fois à enjamber balustrades et canaux pour retourner sur la bonne direction.
Le soir, on trouve un endroit top moumoute pour bivouaquer à côté de la mer. Première baignade, douche solaire (chaude J ) et repas face au coucher de soleil sur l’eau.
On appelle Aurélie à Athènes qui pourra nous recevoir. On va essayer de faire une grosse journée demain pour y arriver d’une traite.

Sales, libres et heureux

L'eau est super claire

Bivouac de luxe


Jour 39     07/06/17    133km de Sarrandapichiotika à Athènes
                                    D+ ??m

A 5h du matin, on est réveillés et sortis de la tente par le bruit assourdissant du tonnerre. Il va falloir plier la tente en vitesse si on ne veut pas être tout trempés. On part rapidement pour fuir les gros nuages noirs qui arrivent. Du coup il ne fait pas trop chaud, c’est relativement plat et on avance assez vite entre les gouttes jusqu’à Corinthe où nous passons au-dessus de l’isthme de Corinthe. C’est assez impressionnant, et c’est aussi la première fois qu’on en voit un.


Le levé de soleil, encore plus beau que le couché

C'est juste beau

L'isthme de Corinthe
 On continue jusqu’au bateau pour traverser sur l’île de Salamina et éviter la route nationale qui arrive au nord d’Athènes.
A l’entrée de la ville, ça devient l’enfer sur terre. Traverser la ville en vélo est une horreur, entre le bruit, la circulation, et ces « saletés » de taxis jaunes qui conduisent n’importe comment. Nicolas a failli se faire renverser.
On arrive bien fatigués chez Aurélie et Yannis qui nous installent dans leur studio au rez de chaussée. On y est super bien.
On passe la soirée tranquillement en discutant et en mangeant autre chose que du riz. On est ravis !

Encore un tour en bateau pour aller sur l’île de Salamina


Jour 40     08/06/17    Jour de repos et « visite » d’Athènes

Réveil tranquille et on prend le petit dej avec Aurélie. Il est déjà midi et on se dit que ça fait du bien de ne rien faire du tout. L’après-midi, on part en métro pour visiter l’Acropole. On remonte une rue piétonne qui remonte les ruines antiques. Arrivés au sommet, surprise !! Il faut payer 30€/personne pour pouvoir visiter. Un peu cheros, on décide donc de regarder tout ça d’un peu plus loin. On se balade dans l’ancien Agora, mais à tous les sites qui nous semblent intéressants à visiter, on se fait racketter. 

Vue surplombante d'Athènes depuis presque l'Acropole

L'Acropole qu'on ne verra que de loin

Un temple

Cherchez bien les trois chiens qui gardent les lieux

On regarde de derrière les barreaux
Le soir on mange tous ensemble, et c’est très sympa.
PS : Aurélie nous a fait une lessive, et ça fait le plus grand bien de mettre des vêtements vraiment propres.


Jour 41     09/06/17    Visite de l’île d’Egine

Aurélie nous conseille de visiter une île des cyclades mais comme il y a 4 heures de bateau, ce n’est pas possible à la journée. On se rabat donc sur l’île d’Egine qui est plus proche. 

Les mouettes suivent le ferry et attrapent les morceaux de pain que tendent les touristes

On arrive au port d'Egine
 En sortant du ferry, un panneau indique des chemins de rando qui permettent de voir ruines, temples et oliviers millénaires. On choisit notre parcours et on s’avance à pied pour notre premier départ de chemin. Il fait super chaud, il n’y a pas d’air et arrivés au départ du chemin… on se rend compte qu’il est fermé L

Caramba! Encore un chemin fermé

Il fait très chaud mais la vue est belle
On continue sur la route (il fait vraiment très chaud sur le bitume) et tous les autres chemins sont fermés aussi. On finit par en trouver un qui descend. Lauriane dit qu’il ne doit pas être très fréquenté car il n’y a pas de déchets qui trainent (les grecs ont du mal avec les poubelles). Elle a bien raison, d’ailleurs le chemin disparait et on rejoint la route comme on peut en traversant la garrigue. Ca pique ! On fera les derniers kilomètres en bus... 
PS: ne demandez pas à Lauriane ce qu'elle pense des jours de repos avec Nico ;-) 

C'est pas les maisons des cyclades, mais c'est assez typique aussi

La belle chapelle au port
Le soir Aurélie nous confirme que personne ne randonne en Grèce, il fait trop chaud. On mange des crêpes, les enfants sont contents et nous aussi J


 Jour 42     10/06/17    92km de Athènes à Thiva
                                    D+ 700m

Ce matin on veut partir assez tôt pour éviter la circulation dans la ville. On prépare tout, prend café et smoothie (miam) avec Aurélie et Yannis, puis on décolle.

Photo de départ avec Aurélie, Adrianos, Lukas et Yannis
La sortie de la ville s’avère beaucoup plus facile que son entrée. On s’en sort plutôt bien. On récupère une route le long de l’autoroute, c’est pas terrible, mais ça avance bien. Nico a un peu mal au genou et on reprend les séances de kiné.

Des fleurs et des pots de toutes les couleurs
On s’arrête à Thiva pour manger devant l’église. Le village est calme et on espère pouvoir y rester pour la nuit. A 18h, ça commence à s’activer, il y a une fête religieuse qui draine tout le village. On voit pas mal de migrants qui tournent en rond après leur journée de travail. Ca nous fait un peu mal au cœur.
Après grande discussion (trop d’agitation pour Nico), on repart chercher un autre bivouac. On s’arrête derrière un garage auto. Demain c’est dimanche, on ne gênera personne.

On espère bivouaquer sur la place devant l'église

On finit derrière le garage Fiat


Jour 43     11/06/17    82km de Thiva à Amfiklia
                                    D+ 410m

On part de notre bivouac sous la grisaille, les nuages au loin sont bien menaçants. On avance bien mais la route n’est pas intéressante et le trajet nous parait long. 

La légende dit que l'entrée de la grotte et le donjon sont reliés
 On fait un premier stop abrités sous une église pour laisser passer la pluie et se faire une petite pause ravito. Puis c’est reparti pour environ 20 km où on s’arrêtera pour manger. On y reste 2h30, le temps de laisser la pluie diminuer d’intensité. Quelques kilomètres plus loin, on s’arrête de nouveau, stoppés par l’orage. Le propriétaire de la station-service nous abrite et nous propose même de rester pour la nuit car il n’est pas prévu que la pluie s’arrête.
On repart quand même lors d’une accalmie jusqu’à une église à la sortie d’Amfiklia. Cette fois on y restera vraiment dormir.

Sauvés par la station essence

On a enfin réussi à dormir dans une église


Jour 44     12/06/17    82km de Amfiklia à Domokos
                                    D+ 1250m

On part sous les nuages qui sont bien menaçants, et on sort les Gore-Tex quelques kilomètres pour se protéger de la pluie. On attaque la première montée de la journée et Nico décide de prendre un raccourci. Une belle idée à la noix ! Rapidement la route est super méga méga raide (19%). Lauriane finit en poussant son vélo et maudit Nico.


C'est trop raide

19% avec les sacoches, c'est vraiment costaud
On a ensuite une super descente qui nous emmène sur une ligne droite de chez droite de 10km. Avec le vent défavorable, c’est assez horrible.
On mange dans la ville de Lamia et Lauriane attaque sa sieste pendant que Nico lui règle son dérailleur. Ca intrigue bien trois petits en vélo. La plus grande qui a appris un peu d’anglais fait la discussion :
-          What is your favorite color ?
-          What is your favorite food?
C’est rigolo et ça amuse bien Nico. La montée qui suit est longue mais régulière, elle nous emmène sur un plateau. On trouve notre bivouac un peu en hauteur, devant un bâtiment désaffecté avec une super vue sur la plaine qui nous attend demain.
Lauriane a un peu mal au genou, les séances de kiné s’inversent.

Nico et ses copains. Trop drôles!!

Un chouette bivouac


Jour 45     13/06/17    104km de Domokos à Kalampaka
                                    D+ 400m

105 kilomètres nous séparent du point de départ au camping sous les météores. On décide de faire le trajet d’une traite sachant que c’est tout plat dans la plaine. C’est vraiment tout plat et tout droit. On a le temps de s’ennuyer, et quand on s’ennuie, qu’il fait 40°C et qu’on a mal au cul, on trouve le temps long.

La récolte du jour pour le pic-nic


Après 90km, on a les météores en point de mire. Plus on s’approche et plus c’est beau. On est contents de faire trempette dans la piscine du camping pour faire baisser un peu la température corporelle qui est au maximum.

  
On approche des météores et c'est beau

S'il faisait moins chaud, on aurait presque envie d'y grimper


Jour 46     14/06/17    Jour de repos et visite des météores

Aujourd’hui on se prépare pour prendre le bus comme des vrais touristes et monter au temple de la transformation (c’est le plus gros). On fait la queue, prend notre ticket (Lauriane doit mettre une grande jupe) et visite l’intérieur du temple. C’est un peu un enchaînement de mini musées, c’est sympa mais il y a vraiment beaucoup de monde.


Tout le monde s'éclate... à la queue leu leu

Une fois dehors, on sort des sentiers battus (pour changer ;-), mais cette fois c’est vraiment chouette. Le paysage est vraiment impressionnant, il y a de l’ombre (oui oui de l’ombre !!!), on est seuls sur les chemins, on croise des tortues, et on a le sommet de notre météore rien que pour nous avec une vue incroyable à 360°. Le sentier est assez raide… ils devaient être affutés les moines à l’époque !


Petit pont sympa à l'ombre pendant la descente

Il y avait plein de tortues

Dans ce temple, mieux vaut ne pas être trop nombreux

Sonne la cloche! On est au sommet :-)

Quelle vue !!

En redescendant il fait aussi 360°C (nan, on déconne, il fait juste 42°C) et la piscine est encore une fois la bienvenue. Lauriane se repose pendant que Nico part en vélo faire les courses sous la chaleur. Ca c’est un vrai jour de pause pour Lauriane !!!!
On en prend plein les yeux, on se repose, bref, on est contents !


Jour 47     15/06/17    75km de Kalampaka à Grevena
                                    D+ 1520m

Changement de programme ce matin. On décide de faire plus de montagne et de repartir par les météores car c’est vraiment trop beau. 10 km et 800 m de déniv en plus mais ça vaut vraiment le détour.


On monte sous le regard des monastères

On enchaîne montées et descentes toute la journée. On est bien contents d’être en altitude car il fait jusqu’à 43°C sur les vélos. 


Sur la ligne de crète et au soleil, on a une super vue

Vers 15h on se prend un orage de chaleur et on s’arrête à Grévéna où on décide de bivouaquer à l’abri dans la cours de l’école. Le temps se lève et des jeunes viennent jouer au basket dans la cour. Tout le monde passent (adultes, ados et enfants) sans se questionner sur notre présence dans l’école, les grecs sont très tolérants et ne semblent pas avoir de préjugés. Bon, ce qu’on ne savait pas, c’est que les grecs vivent la nuit et qu’ils jouent au basket jusqu’à 1h du matin, heure à laquelle la police leur demande de partir, en profite pour nous faire un contrôle d’identité et nous dire que normalement c’est interdit de rester pour la nuit. On insiste un peu pour rester en leur expliquant que la gérante nous avait autorisé. Les policiers acceptent et nous disent qu’ils viendront nous réveiller si on n’est pas parti le lendemain à 6h. Autant dire qu’on n’a pas beaucoup dormi !!

En fait on a dormi à l'école car on avait peur des ours


Jour 48     16/06/17    96km de Grevena à Kastanea
                                    D+ 1400m

Pour la première fois du voyage on met le réveil. On n’a pas envie d’avoir des ennuis avec la police. Il pleut et on va petit déjeuner à l’abri un peu plus loin.
La matinée est éprouvante, on a le vent dans le nez et à 4 reprises en 4 km, on tape des sprints bombe au poivre à la main pour éviter des meutes de chiens semi-sauvages qui nous attaquent. On a bien flippé !

Le vent, les chiens, on ne profite même pas des paysages provençaux qui s'offrent à nous

A midi on se pose à Drepano pour manger et se reposer. Pour la première fois du voyage, Nico fait la sieste (comme quoi tout arrive !).
L’après-midi sera plus sympa malgré les averses. L’une d’elles est un peu plus forte et nous nous abritons chez Nopi et Stasis au pied de la dernière montée. Ils sont vraiment super gentils tous les deux. On discute comme on peut et se voit offrir gâteaux (qu’on est obligés de refuser en raison du gluten), cerises et icone d’un prêtre orthodoxe pour nous protéger tous les deux. Ils nous proposent même de dormir ici pour la nuit.


Nopi et Stasis: encore une belle rencontre

On repart quand même lors d’une éclaircie pour gravir une route superbe au sommet de laquelle nous posons la tente. Des vaches viennent nous tenir compagnie pendant notre diner et vont se coucher en même temps que nous.

On grimpe cette belle route sous les nuages

Les vaches viennent nous tenir compagnie au bivouac


Jour 49     17/06/17    85km de Kastanea à Stathi
                                    D+ 480m

20km de descente pour commencer la journée, on se dit que ça part bien d’autant que le paysage est toujours aussi beau.
Après ça se gâte, les gros nuages noirs arrivent et se transforment rapidement en un méga orage qui nous oblige encore une fois à nous abriter dans une station essence (hé oui, c’est notre nouveau refuge J). Le propriétaire nous offre le café et on fait un check météo avec lui. Suivant les sites, soit ils annoncent beau, soit un temps dégueu. On verra bien…


Il pleut fort!!

Vraiment très fort!!

L’après-midi est bien difficile, le vent a tourné et souffle super fort face à nous. On est tellement scotchés sur la route qu’un monsieur s’arrête sans une côte et nous propose de monter dans son pick up. On décline poliment (on voyage à vélo, et on n’est pas encore assez morts) puis il nous offre des abricots. Voyant notre sourire (on a tout le temps faim dans ce voyage), il retourne dans sa voiture et nous en emmène à nouveau. Nous repartons toujours vent de face mais avec la banane J.
Nous arrivons à Stathi ou nous comptons poser la tente à côté d’une église. Nous croisons le prêtre (Père Euthymios) qui nous questionne et nous invite à passer la nuit chez lui. On part avec sa femme pendant qu’il donne la messe. On prend notre douche (Lauriane a même droit au sèche-cheveux) et Niki lave nos vêtements et nous prépare à manger. Elle est au petits soins pour nous ! Au menu : poisson avec patates, courgettes, poivrons et petit verre de grappa. Tout ça rien que pour nous car eux ont déjà mangé. On est super bien, mais aussi un peu gênés, surtout quand on apprend qu’on va dormir dans la chambre de Xristos (leur fils) et que lui va dormir dans le salon avec sa grand-mère.

On passe une super soirée tous ensemble (Niki et Euthymios), leurs enfants (Thomas et Xristos), Katarina (la copine de Thomas) et les deux grand-mères. On discute, Thomas nous joue un air de sirtaki (Zorba le grec) au bouzouki, et on goute leurs liqueurs maison. Il y en a plein (cranberry, cranberry-pomme, cerise et amande), et on va se coucher dans nos super pyjamas avec la tête qui tourne un peu.

Repas et grappa avec Niki

La soirée tous ensemble est vraiment très sympa

En pyjama: c'est la classe

jeudi 1 juin 2017

Albanie (De Shkodra à Ksamil)

Jour 30    29/05/17     114km de Shkoder à Durres

Départ de chez Mikel avec le vent dans le dos. Dans la ville, beaucoup de gens font les poubelles même si personne ne mendie. Ca fait bizarre.
Un peu plus loin, à Lehze, trois policiers font la circulation à un rond-point. Ils s’agitent dans tous les sens (on dirait qu’ils chassent les mouches), donnent des ordres contradictoires, puis s’engueulent entre eux pendant que les automobilistes se régulent tous seuls. C’est très drôle à regarder. Un albanais nous dira plus tard qu’ils ont une expression : « s’il y a des bouchons, c’est qu’il y a des flics qui font la circulation ».
Plus loin pendant la pause pic-nic, une dame vient nous parler français, nous propose de rester à l’ombre devant chez elle et nous apporte de l’eau fraiche. C’est bienvenu car il fait 38°C.

On mange dans nos peaux de melon pour économiser l'eau de la vaisselle

On prend ensuite une portion d’autoroute ; oui oui, l’autoroute ! Sur la bande d’arrêt d’urgence on est pas trop mal, les voitures ne roulent pas plus vite que sur la route normale et on a un peu plus de place. Au passage on voit : un tracteur, des piétons qui traversent et une voiture à contresens sur une bretelle. C’est l’Albanie.
Oui oui, on est bien sur l'autoroute

Pas d'eau courante dans le pays, les gens stockent l'eau sur le toit de leur maison
Comme il fait très chaud, on vise un camping pas loin de Durres. En route, Lauriane a un problème : son corps de cassette est tout bloqué et sa roue libre est morte. Le point positif, on est juste devant un hôtel et on y passe la nuit en espérant pouvoir réparer et repartir demain.

Il nous fait bien rire avec sa charrette, mais lui au moins il n'a pas de problèmes de roue


Jour 31     le 30/05/17    106km de Durres à Panaje
                                        D+ 550m

Aujourd’hui la première mission est de faire réparer le vélo. On se rend donc à 8h à un « garage » pour motos et vélos pas loin de l’hôtel. C’est un tout petit local rempli d’outils, de scooters et de motos en piteux états.

On mise tout sur Jani qui est parti en scooter trouver une roue
 On se dit que jamais ils ne nous répareront la roue ici et on regarde sur internet les bus pour aller à Tirana  (la capitale). Jani, le garagiste, commence par essayer de débloquer la cassette, mais rien n’y fait… il faut changer la roue. C’est le début de deux heures de bricolage et d’allers retours entre le magasin et sa maison pour trouver une roue et cassette de rechange. Au final, le vélo est opérationnel, même si Lauriane passe de 9 vitesses à 8.

Jani à droite nous a permis de reparti. Merci!!
 Youpi ! On va pouvoir continuer. Un petit café avec Jani et on repart à 11h (presque au plus chaud de la journée) jusqu’à Lushne ou on souhaite faire des course pour manger. Les petits commerçants ne prenant pas les euros, on se rend à un centre d’échange. Le propriétaire est un cycliste et on discute avec lui. Il nous offre des bouteilles d’eau fraîche et des abricots avant de nous conduire à un restaurant pas cher et très bon. On se fait donc un méga repas à base de salade grecque et de frites pour seulement 5€. Miam miam !

On aime bien voir cohabiter église et mosquée, ça semble si compliqué en France

Le repas de folie!! On repart le ventre plein.
L’après midi nous parait bien longue. On prend beaucoup de grosses routes (voire d’autoroutes) et l’attention est à son maximum, c’est fatigant nerveusement.
On arrive dans un village avec un panneau indiquant un camping. On s’arrête demander à une famille où il se trouve et après quelques échanges un peu difficiles (barrière de la langue), ils appellent leur fille qui parle anglais.
Au final le camping est fermé et on est invités à dormir sur la terrasse de son oncle qui habite juste à coté et est actuellement en Italie. Dans ce village on se sent vraiment bien. C’est très joli et très paisible et on est contents de pouvoir y rester pour la nuit. Pendant qu’on s’installent, ils nous offrent : eau, jus de fruit, prunes, mures et œufs. Tout ça venant du jardin.
On mange en regardant le coucher de soleil puis on se rend chez eux pour boire la tisane et discuter tous ensemble.
Ola (leur fille) sera l’interprète de la soirée. On va se coucher ravis de nos rencontres d’aujourd’hui.
Si les routes empruntées en Albanie sont les pires qu’on ait prises depuis le départ (malgré la vigilance globale des automobilistes), les personnes rencontrées font partie des plus accueillantes. Les albanais nous surprennent tous les jours par leur bonté et l’attention qu’ils nous portent.

Avec prunes et jus de fruit, on a de la chance d'être si bien accueillis 
Coucher de soleil et première nuit à la belle étoile, on est bien




Jour 32     31/05/17     86km de Panaje à Himara
                                     D+ 1600m

On se lève avec le soleil ce matin. C’est toujours aussi magnifique et agréable. Nous nous rendont chez Anna et Luan qui sont levés depuis bien longtemps. On boit café et jus de fruit avec eux et ils nous offrent du fromage, des œufs (une nouvelle fois car le soir, le chien a mangés les premiers qu’ils nous avaient offerts) et de l’huile d’olive. Tout ça bio comme ils nous le précisent et fait par leurs soins.
Hanna prend soin de tout bien nous emballer, c’est notre maman du jour. On garde même le spray anti-moustique qu’ils nous avaient laissé pour la nuit.

Réveil en douceur par le soleil

Avec toute la famille, fromage et huile d'olive en cadeau

Devant la maison et le super jardin
 On part direction Vlora puis le col de Llogara. On attaque la montée sous le soleil (environ 40°C) en enchaînant les rampes oscillant entre 12 et 15%. C’est sacrément raide et Lauriane sent bien la vitesse qui lui manque. Par contre c’est vraiment magnifique. La montagne nous appelle et on se dit qu’il doit y avoir de très belles randonnées à faire par ici.
Arrivés en haut, on est bien content et fier d’avoir réussi à monter sans pousser les vélos. Ce que beaucoup pensaient qu’on serait obligés de faire. On fait donc une pause bien méritée pour admirer le paysage. On attaque la descente entre les montagnes avec une vue plongeante sur la mer. Ca valait le coup de se faire mal aux jambes !

Sieste à l'ombre au plus chaud de la journée

Enfin au sommet, ça ne faisait pas semblant de monter

La vue vaut le dénivelé!!
La mauvaise nouvelle, c’est qu’on ne descend que quelques kilomètres, puis on alterne des montées et descentes avec des pourcentages toujours aussi élevés.
Lauriane est à bout et a les jambes qui tétanisent. Nico l’encourage pour arriver jusqu’au camping 10 km plus loin. Ca parait interminable.
Au camping, on mange et on va discuter avec Denis, le propriétaire, qui parle francais et s’intéresse beaucoup à notre culture (musique, films, etc). Il nous offre du raki (digestif albanais) puis on va se coucher pour une nuit bien méritée.


Jour 33     01/06/17    64km de Himara à Ksamil
                                    D+ 1080m

Allez c’est reparti ! Lauriane espère que ses jambes ont bien récupéré de la journée d’hier et que ses muscles ne vont pas re-tétaniser de suite. On ré-enchaine montées et descentes méga raides pendant 40km. 

C'est beau mais c'est raide
 On s’abrite sous un olivier pour manger et se reposer. Un cyclo-voyageur anglais nous y rejoint. Après avoir discuté de nos voyages respectifs, on repart chacun de notre coté, direction le camping qu’il nous a conseillé. On y arrive dans l’après midi et l’accueil est impressionant. Les propriétaires nous offrent café frappé, eau fraiche et bonbons. Nicolas a même droit à un tour en moto pour aller retirer de l’agent au village car nous n’avons plus de monnaie. Ce soir on va dormir sur le toit sur des vrais matelas. Comme à la maison comme ils disent. De la haut, on a vue sur la mer juste en dessous. Bien cool !
Le camping est le "Ksamil Caravan Kamping" et on recommande à tout le monde d'y faire un tour.


PS : le petit renard en perle accroché à la selle de Nico, offert par Audrey, nous a quitté et fait un heureux : il l’a donné à un petit garçon qui jouait avec pendant qu’on faisait les courses.
Café glacé, eau fraiche, bonbons et drôle de tête

Un petit tour en moto

 Jour 34     02/06/17    82km de Ksamil à Sivota
                                    D+ 840m

Départ du camping pour rejoindre le bout de la presqu’ile de Ksamil. On arrive au bord de l’eau et le pont sur lequel on devait passer n’existe plus. Il faut prendre un « radeau » (notre ferry Albanais) pour traverser. Ca nous amuse bien, par contre de l’autre coté il y a un peu de hauteur et il faut réussir à sortir les vélos. C’est un peu la mission !
 
Les ferrys albanais, ça nous fait bien rire

On a réussi à traverser

Ensuite on enchaine les petites routes, on passe la douane et on longe la cote grecque. Ce soir on dort sur une plage avec douche et moustiques. La vue est super belle, on verra pour la nuit (on se tartine de répulsif anti-insectes. Merci Anna)

Bienvenue en Grèce 

Bivouac sur la plage

dimanche 28 mai 2017

Monténégro (de Mikulici - Croatie à Shkoder - Albanie)


Jour 27      26/05/17      92km de Mikulici à un peu au dessus de Vrh Polja
                                       D+ 1430m

Petit dej avec Maeve, Marko et James, puis on se dit au revoir et on passe la douane et on part direction Kotor. 

Photo souvenir avant le départ

Bienvenue au Monténégro
On fait une visite express de la ville, c'est très beau mais il y a trop de monde et de commerces pour nous. Le plus impressionnant, ce sont les murailles qui montent jusqu'aux temples en surplombant la cité. 
La baie de Kotor est très belle

Photo dans Kotor, on se croirait à Disneyland

On part donc affronter les 17 lacets de la montée vers Vrh Polja. C'est une super belle route (la plus belle pour le moment) avec vue plongeante sur la mer et les montagnes tout autour. Elle est finalement assez régulière et on monte tranquillement au rythme des "pouces levés" des gens en voitures qui nous encouragent. 
Ca monte mais c'est beau 

Le panorama au sommet vaut le dénivelé
Pas d'eau ce soir au bivouac donc... pas de de douche. Mais avec le vent qui s'est levé, il fait bien froid de toute façon.


Jour 28      27/05/17      84km du bivouac à un peu au dessus de Bar
                                       D+ 1420m

Le parcours est encore montagneux. On enchaîne une première montée jusqu'à un col, puis on descend jusqu'à Cestinje où on fait un arrêt courses. Nico se fait alpaguer par un monsieur qui lui fait signe de l'aider à porter une caisse avec lui. 
C'est en fait le propriétaire d'un bar, Charlie, qui lorsqu'on lui demande de l'eau en partant nous invite à boire le café. On fait aussi une séance photo devant les peintures à l'intérieur de son bar. Il est bien excité et s'agite dans tous les sens et ça nous fait bien marrer. 
Il nous offre également un marteau signé à son nom, et malgré le poids, on  se voit dans l'obligation de l'accepter. Bon, Nico ne le portera pas longtemps, il préfère le laisser devant une maison... c'est un peu lourd!

Charlie, c'est le gars en peinture à gauche, et aussi celui à coté de Lauriane

Belles peintures 
Sur le chemin, la végétation est super dense. On croise pas mal de serpents, mais aussi... des tortues sauvages :-) 

Les tortues, on les préfère aux serpents

Le lac "géant" de Skadar, un petit air de marécage à la "Lord of the ring"
A la fin on refait une méga montée jusqu'à un autre col, et celle la nous parait bien longue car il fait très chaud. On se lave au bord de la route dans la descente en trouvant un point d'eau et on part à la recherche du bivouac.

Il faut finir la montée avant que la foudre ne nous tombe sur la tête


Jour 29      28/05/17      60km du bivouac à Shkoder
                                       D+ 320 m

Ce matin, on avance tranquillou: avec les courses, l’arrêt pour boire un coup et avoir du wifi (il faut prévenir notre warmshower - Mikel qu'on arrive ce soir) puis l'achat d'abricots au bord de la route. Il fait chaud mais ça ne monte pas trop. On passe la douane, nous voila en Albanie.
On arrive chez Mikel, ce soir on plantera la tente dans son jardin... immense!
Le soir on fait un tour dans la ville, à part le centre piéton, on ne trouve pas ça terrible. Décidément, la ville c'est pas pour nous.


Camping dans le jardin de l'hotel

Shkodra de nuit avec la grand mosquée au fond